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La formation CCFLS dans l’Académie de Versailles

Après quelques années d’hésitation, je me suis récemment lancée dans une formation en vue d’obtenir la Certification Complémentaire En Français Langue Seconde. Je vous partage ici mon retour d’expérience sur cette formation et vous explique le déroulement de cette dernière.

1. La CCFLS, c’est quoi ? Pour qui ? A quoi ça sert ?

La certification complémentaire FLS vous permet d’enseigner au sein des dispositifs UPS/UPE2A qui accompagnent les élèves allophones arrivés récemment en France et les élèves EFIV issus de la communauté des gens du voyage. Les postes dédiés à ce dispositif sont fixes dans certains départements de l’Académie (vous avez donc votre salle de classe, votre école, et vos petits élèves), itinérants dans d’autres départements (vous circulez d’école en école pour prendre en charge les élèves en petit ou grand groupe, vous pouvez être amené à changer d’école 3 ou 4 fois durant la même journée). La tendance s’oriente de plus en plus vers l’itinérance des enseignants du dispositif, afin de permettre aux élèves et à leur famille de rester sur leur école de secteur et leur éviter ainsi les contraintes organisationnelles liées au transport.

Cette certification est accessible à tous les PE titulaires de l’Education Nationale.

2. Le parcours de formation

Les dates clés

  • Mois de juin de l’année précédant la formation : Inscription sur le portail académique de la formation continue souvent intitulée « CASNAV – Se préparer à la certification complémentaire » + réunion d’information importante qui vous présente la formation en détails.
  • Septembre / octobre : j’ai participé à 2 conférences à Paris le mercredi après-midi (6 heures en tout)
  • de la mi-octobre à la mi-novembre : Inscription à l’examen sur le portail Cyclades
  • Mi décembre : restitution du rapport dactylographié
  • Entre Octobre et Janvier :
    • Trois journées complètes de formation (dans un département de l’Académie) : 18 heures
    • formation Magistère d’environ 15 heures
    • temps d’observation d’un dispositif UPE2A (3 heures)
  • Début mars : convocation pour l’examen oral de 30 minutes à la Maison des Examens

Le déroulement en détails

Avant de commencer, un détail important, la formation s’effectue à votre charge financièrement et s’ajoute aux animations pédagogiques annuelles obligatoires.

La première conférence s’est tenue à la Sorbonne, dans le Grand amphithéâtre rempli d’Histoire. Elle réunissait l’ensemble des candidats des trois Académies d’Ile-de-France du primaire et du secondaire. Les responsables du CASNAV des trois Académies, Emmanuel Deschamps, Daniel Guillaume et Emilie Nguyen, ont présenté la formation, ses enjeux, et les chiffres clés actuels permettant de faire un état des lieux de la situation actuelle en Ile-de-France.

La deuxième conférence a eu lieu dans un lycée parisien.

Les trois journées de formation sont communes à l’Académie (primaire et secondaire confondus), ce qui peut parfois engendrer des temps de parcours assez longs pour ceux venant de loin.

Ces formations sont dirigées par des formateurs du CASNAV. Le programme est prédéfini, clair et concis, mais dense. Elles permettent également des temps d’échange autour de l’élaboration du rapport, du choix de sa problématique mais également autour de la préparation de l’épreuve orale.

En parallèle, vous devrez suivre un parcours Magistère. 12 heures sont annoncées au départ. Pour ma part, je pense y avoir passé plutôt une vingtaine d’heures, en comptant la prise de notes et les ressources complémentaires à consulter.

Durant la formation, plusieurs lectures de livres seront recommandées et notamment celui-ci, qui constitue l’ouvrage incontournable à prioriser.

Intéressant également, le rapport scientifique de janvier 2025, tout beau, tout frais :

couverture rapport scientifique janvier 2025

Je vous partage ici un petit document Word que j’ai rempli, qui contient, à mon sens, quelques idées essentielles de ce rapport :

A tout cela, il vous faudra ajouter un certain temps de réflexion dédié à l’élaboration et à la rédaction du rapport dactylographié de 5 pages demandé pour début décembre. Ce dernier comporte une retour d’expériences de votre part auprès des élèves allophones par la présentation, par exemple, d’une séquence mise place, qui doit donné lieu ensuite à une analyse, une réflexion en s’appuyant sur les apports théoriques de la formation et en proposant un élargissement de cette dernière.

Lors de l’oral, vous serez face à un jury composé de trois personnes (IEN, Enseignant UPE2A, CPC) qui auront lu votre rapport. Il ne s’agira donc pas de réitérer vos propos ici. Vous devrez vous appuyer sur le rapport fourni pour évoquer, durant 10 minutes, le cheminement qui en a découlé par la suite : qu’avez-vous mis en place pour approfondir votre réflexion depuis l’élaboration de votre rapport, 4 mois auparavant ? En bref, il faut apporter à votre exposé oral des éléments nouveaux qui montrent que vous avez poursuivi votre réflexion sur votre problématique. A l’issue de ces 10 minutes, on vous coupe ! L’heure, c’est l’heure, alors entraînez-vous bien !

S’en suit un entretien de 20 minutes durant lequel le jury s’appuie sur votre rapport et sur votre exposé pour vous poser des questions. Les questions peuvent attendre pour réponse des apports théoriques et didactiques de votre part, d’autres sont plus axées sur la pratique du terrain.

Les résultats de l’examen sont ensuite communiqués environ trois semaines après les oraux. La note attribuée arrive plus tardivement par mail.

Mon parcours

J’ai, à la base, une licence en linguistique avec un parcours FLE (Français Langue Etrangère). Attention, le FLE et le FLS sont deux enseignements à ne pas confondre, vous en saurez plus en formation. Cela faisait un moment que ce parcours de formation était dans mes perspectives d’avenir puisque je l’évoquais déjà lors de ma deuxième inspection.

Je me suis lancée dans cette formation en étant PE en classe ordinaire. Il ne se passe pas une année sans accueillir un ou plusieurs élèves allophones au sein de ma classe. Depuis deux ans, j’adhère au dispositif PACTE en prenant en charge un petit groupe d’élèves allophones. Je me suis donc appuyée sur cette expérience pour rédiger mon rapport.

1. Le parcours Magistère

Pour me former au mieux, j’ai passé du temps à prendre des notes, aussi bien lors de mes lectures et des journées de formation que dans le cadre du parcours Magistère. En effet, le parcours est dense et je craignais d’oublier une grande partie des notions.

J’ai regroupé l’ensemble de mes notes dans un seul document de 28 pages. Deux semaines avant l’oral, je l’ai lu et relu maintes et maintes fois pour avoir bien en tête toutes les notions.

Vous pouvez vous le procurer ici :

fiches de révision ccfls

Le rapport dactylographié de 5 pages

Le plus difficile, c’est de trouver sa problématique assez rapidement pour pouvoir ensuite expérimenter une séquence autour de cette dernière par exemple. Même si la séquence peut être simplement une proposition et non une séquence réalisée (car tout le monde n’a pas forcément d’allophones dans sa classe, il est quand même plus pertinent de l’expérimenter en situation réelle pour entamer la réflexion qui s’en suit. Cela permet vraiment de voir points forts, les fragilités de la séquence et le questionnement qui en découle. Cela permet aussi de faire un lien avec les apports théoriques.

Sans prétention, je joins ici mon rapport dactylographié, ciblant l’apprentissage de la lecture des élèves allophones. Attention, j’ai retiré la page de garde qui est imposée à tous les candidats, il faut l’intégrer obligatoirement votre rapport.

rapport dactylographié

Avant de débuter la rédaction du rapport, il vous faut impérativement consulter les rapport de jury des années précédentes qui pointent précisément les attentes du jury, ce qui est apprécié et ce qui l’est moins !

rapport de jury upe2a

Voici ceux de l’Académie de Versailles de 2023 à 2025 :

L’épreuve orale de 30 minutes

épreuve orale ccfls upe2a

La plus redoutée pour ma part ! Ben oui, cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas retrouvée dans la peau d’une candidate à un examen. A quelques heures de l’oral, je me suis demandée pourquoi je m’infligeais ce stress !

Dans l’Académie de Versailles, l’épreuve a lieu à la Maison des Examens à Arcueil. Vous recevez une convocation du SIEC 15 jours avant et devez la transmettre à votre IEN car cette épreuve se déroule un jour d’école. Pour les concernés, mieux vaut s’y rendre en RER.

6 candidats sont convoqués à la même heure. 6 jurys (composés chacun de trois personnes) les attendent, dans une même salle (grande). Les 6 candidats passent donc en même temps ! Cette configuration m’a beaucoup impressionnée mais finalement, nous ne nous sommes pas gênés les uns les autres, cela ne pose pas de problème particulier.

Vous pouvez rapporter un chronomètre afin de vous aider à gérer votre temps d’exposé.

Me concernant, je suis ressortie assez échaudée. Un ensemble de stress, d’appréhension et une part de déstabilisation. Je ne dis pas cela pour décourager les futurs candidats, bien au contraire. Car malgré mon ressenti mitigé, j’ai été admise.

A chaud, mes impressions étaient les suivantes :

  • contente de ma partie exposé que j’avais bien préparée, bien ficelée
  • très mitigée sur l’entretien durant lequel je n’ai pas toujours vu tout de suite où ils voulaient m’amener ni quelle réponse ils attendaient (tu sais, la réponse qui t’apparait en pleine nuit : mais oui ! C’était ça qu’ils voulaient entendre ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé ?). Le jury provenait par ailleurs de l’Académie de Créteil, académie dans laquelle le fonctionnement n’est pas tout à fait similaire à la mienne et j’ai d’ailleurs eu une question à laquelle je n’ai pas pu répondre. Malgré tout, j’ai répondu comme j’ai pu avec conviction.

Au final, trois semaines après, la bonne nouvelle est tombée et le mois suivant, j’ai reçu ma (très bonne) note. C’est bien pour cela que j’ai évoqué mes ressentis car finalement, peut-être que par rapport à d’autres, par rapport aux exigences que j’avais envers moi-même, j’ai tout de même réussi à me démarquer. En tout cas, la note reflète l’approbation de mon cheminement et de ma posture face à l’enseignement du FLS.

Et la suite alors ?

Je peux désormais postuler au Mouvement sur des postes UPE2A à titre définitif. Dans un premier temps, je souhaiterais plutôt un poste à profil me permettant de tester ce type de poste tout en gardant 1 an mon poste actuel, si l’occasion se présente. Ces postes à profil sont aussi accessibles sans la certification. Pour ma part, je préférais me former en amont et ne pas arriver comme un cheveu sur la soupe sur ce type de poste.

Mes appréhensions :

  • l’itinérance va-t-elle me convenir ?
  • le lien avec les équipes : est-ce qu’on se sent réellement intégré ?
  • vais-je pouvoir mettre en place des projets (ce que je préfère dans ce métier) ?
  • quel lien est tissé avec les élèves lorsqu’on les voit 3 heures par semaine ?

Conclusion

Cette formation est enrichissante mais elle nécessite un investissement assez conséquent. Sans doute rien à voir avec le fameux CAFIPEMF mais tout de même, cet article vous permet de vous faire une idée des attendus. De mon côté, j’attends de découvrir le poste sur le terrain avant de peut-être, partir dans cette voie… A suivre !

Edit de septembre 2025 : ce poste évolue ! Désormais, les enseignants UPS/UPE2A sont amenés à intervenir dans les classes en co-intervention ou co-enseignement. Je développerai ce volet dans un autre article.

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